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Livret A à 1,70 % au 1er août 2026 : pourquoi cette hausse ne suffit pas pour votre épargne de long terme

Livret A à 1,70 % au 1er août 2026 : pourquoi cette hausse ne suffit pas pour votre épargne de long terme

Quarante-cinq euros et quatre-vingt-dix centimes. C'est ce que la hausse du Livret A vous rapportera en plus sur une année entière, si votre livret est rempli jusqu'au plafond. Sur un an. Pour 22 950 € immobilisés.

Ce qui change concrètement au 1er août 2026

La décision est tombée le 15 juillet. Roland Lescure, ministre de l'Économie, a suivi la recommandation d'Emmanuel Moulin, nouveau gouverneur de la Banque de France : le taux du Livret A passe de 1,50 % à 1,70 % au 1er août 2026.

C'est la première hausse depuis 2023, après une séquence de baisses continues — 3 % en janvier 2025, 1,70 % en août 2025, puis 1,50 % en février 2026. Le mouvement s'inverse donc, mais sans générosité particulière : il s'agit d'une application stricte de la formule légale, sans « coup de pouce » gouvernemental.

Cette formule est simple dans son principe : on prend la moyenne entre l'inflation hors tabac et le taux interbancaire à court terme (€STR), avec un plancher à 0,5 %, et on arrondit au dixième supérieur. Sur le premier semestre 2026, l'inflation moyenne semestrielle s'est établie à 1,52 % et l'€STR à 1,95 %. La moyenne des deux donne 1,70 %. Rien de plus, rien de moins.

Voici le nouveau paysage des livrets réglementés :

LivretTaux jusqu'au 31 juilletTaux au 1er août 2026
Livret A1,50 %1,70 %
LDDS1,50 %1,70 %
LEP2,50 %2,50 % (maintenu)
CEL1,25 %

Le LDDS suit mécaniquement le Livret A, avec un plafond de 12 000 €. Le LEP, lui, est maintenu à 2,50 % alors que la formule aboutissait à 2,20 % : le coup de pouce y est conservé, ce qui porte son avantage sur le Livret A à 0,80 point.

Le calcul que personne ne fait vraiment : le rendement réel

C'est ici que l'affaire se corse, et c'est le cœur du sujet.

Un taux affiché de 1,70 %, c'est un rendement nominal. Ce qui compte pour votre pouvoir d'achat, c'est le rendement réel : ce qui reste une fois l'inflation déduite. Et sur ce terrain, la hausse change peu de chose.

Le calcul, en clair

Livret A au plafond : 22 950 €
Intérêts annuels à 1,50 % : 344,25 €
Intérêts annuels à 1,70 % : 390,15 €
Gain lié à la hausse : +45,90 € par an

Inflation attendue en 2026 (Insee) : environ 2 %
Rendement réel : environ –0,3 point

Autrement dit : même après la hausse, un euro placé sur votre Livret A perdra du pouvoir d'achat en 2026. Il en perdra moins qu'avant, c'est vrai. Mais il en perdra quand même. Le capital nominal augmente, sa capacité à acheter des biens et des services diminue.

Ce n'est pas une anomalie ni un scandale : c'est le fonctionnement normal d'un placement dont la vocation n'est pas de faire fructifier un patrimoine, mais de rester disponible et garanti.

Pourquoi le Livret A garde toute sa place

Il serait absurde de conclure de ce qui précède que le Livret A ne sert à rien. Il rend précisément le service pour lequel il a été conçu, et il le rend très bien.

Ses atouts sont réels et difficiles à répliquer ailleurs :

  • Liquidité immédiate — les fonds sont disponibles en quelques heures, sans pénalité ni préavis.
  • Capital garanti — aucune fluctuation, aucun risque de perte.
  • Fiscalité nulle — les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu comme de prélèvements sociaux. À l'heure où la flat tax est passée à 31,4 %, ce n'est pas un détail.

C'est exactement le profil que doit avoir une épargne de précaution : la réserve qui absorbe un imprévu — panne de voiture, dégât des eaux, perte d'emploi, arrêt de travail. L'ordre de grandeur généralement retenu se situe entre trois et six mois de charges courantes, selon la stabilité de vos revenus et votre situation familiale.

Pour cette fonction-là, le Livret A n'a pas d'équivalent. Et il ne faut surtout pas le vider.

Le vrai problème : l'épargne qui dort au-delà du besoin de précaution

La question n'est donc pas « faut-il garder un Livret A ? », mais « combien y laisser ? ».

Avec 58 millions de détenteurs en France et un taux d'épargne des ménages à 17,9 % du revenu disponible brut au premier trimestre 2026, le Livret A est le réflexe par défaut de l'épargnant français. Le problème apparaît quand ce réflexe devient une position permanente : des sommes importantes qui stationnent des années sur un support conçu pour du court terme.

Prenons une illustration chiffrée — et il s'agit bien d'une illustration, pas d'une projection.

30 000 € laissés sur un Livret A à 1,70 % pendant 10 ans donneraient environ 35 500 € (à supposer, ce qui est hautement improbable, que le taux reste inchangé sur toute la période).

Dans le même temps, avec une inflation moyenne de 2 % par an, il faudrait disposer d'environ 36 570 € pour conserver le même pouvoir d'achat qu'aujourd'hui.

L'écart est d'un peu plus de 1 000 €. Pas dramatique en apparence. Mais il illustre un mécanisme : sur un horizon long, un placement dont le rendement réel est négatif érode lentement la valeur de ce que vous avez mis de côté. C'est ce qu'on appelle un coût d'opportunité — non pas une perte visible sur un relevé, mais un manque à gagner silencieux.

Un premier réflexe, avant même d'envisager quoi que ce soit d'autre : vérifiez votre éligibilité au LEP. À 2,50 % maintenus, sous conditions de revenus, il surperforme nettement le Livret A pour un niveau de sécurité identique. Beaucoup de foyers éligibles ne l'ouvrent jamais.

Ce que change un horizon de long terme

Au-delà de l'épargne de précaution, la logique n'est plus la même. Trois notions deviennent centrales.

L'horizon de placement

Un capital dont vous n'aurez pas besoin avant cinq, dix ou vingt ans ne se gère pas comme une réserve d'urgence. Un horizon long permet d'absorber des fluctuations de valeur qu'un horizon court rend inacceptables. C'est la variable structurante de toute allocation.

La diversification

Répartir son épargne entre plusieurs classes d'actifs et plusieurs enveloppes réduit la dépendance à un seul mécanisme de rendement. L'assurance-vie l'illustre bien : ses encours atteignaient un record de 2 162 milliards d'euros fin mai 2026, avec une collecte nette de 28,7 milliards sur les cinq premiers mois de l'année. Les fonds en euros ont servi un rendement moyen de 2,65 % en 2025 selon l'ACPR, les meilleurs contrats se situant entre 3 % et 4,10 %.

Ces chiffres décrivent le passé. Ils ne préjugent en rien de ce que produiront les années suivantes.

Les enveloppes fiscales

Assurance-vie, PER, PEA, SCPI, unités de compte : chacune répond à un objectif différent — préparer la retraite, transmettre, générer des revenus complémentaires, investir en actions dans un cadre fiscal favorable. Chacune comporte aussi ses propres contraintes de disponibilité et son propre niveau de risque. Les unités de compte, en particulier, présentent un risque de perte en capital : leur valeur peut baisser.

Il n'existe aucune enveloppe universellement supérieure aux autres. Il existe des enveloppes adaptées à une situation donnée.

Pourquoi se faire accompagner

C'est précisément parce qu'il n'y a pas de réponse standard que l'accompagnement a du sens.

Un conseiller en gestion de patrimoine ne vend pas un produit : il commence par établir un bilan patrimonial — ce que vous détenez, ce que vous devez, ce que vous percevez, ce que vous visez. De là découlent la définition de votre horizon, l'évaluation de votre tolérance réelle au risque (qui n'est pas toujours celle qu'on croit), l'arbitrage entre les différentes enveloppes disponibles, la cohérence fiscale de l'ensemble, et surtout un suivi dans la durée — parce qu'une allocation pertinente à 40 ans ne l'est plus nécessairement à 55.

La bonne allocation dépend de votre âge, de votre situation familiale, de vos revenus, de vos projets, de votre fiscalité et de votre rapport personnel au risque. Aucun article de blog ne peut trancher cela à votre place.

Un premier échange permet généralement d'y voir clair : prendre rendez-vous.

Mentions légales : cet article est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une offre de souscription. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements en unités de compte présentent un risque de perte en capital : l'assureur s'engage sur le nombre d'unités de compte, non sur leur valeur. Le conseil en investissement financier est une activité réglementée au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier. Toute décision d'investissement dépend de votre situation personnelle, patrimoniale et fiscale, et doit faire l'objet d'un échange préalable avec un professionnel habilité. Sources : Banque de France, Insee, ACPR, Caisse des Dépôts — données arrêtées au 27 juillet 2026.

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